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November 10, 2022
Climate

Communiqué de presse: Plus de 25 % de lobbyistes des énergies fossiles en plus par rapport à l’an dernier envahissent les pourparlers sur le climat de la COP

Ronke Ige, organizer, leads the crowd at COP27 in a chant to Kick Big Polluters Out of the Climate Talks.

Plus de lobbyistes des énergies fossiles que de représentants des dix pays les plus touchés par la crise climatique sont inscrits à la COP27

Ce communiqué de presse est disponible en anglais, espagnol et portugais.

10 novembre 2022, Charm El-Cheikh : Affiliés à certains des géants mondiaux du pétrole et du gaz les plus polluants, 636 lobbyistes des énergies fossiles se sont inscrits aux pourparlers sur le climat de la COP27. Cette augmentation de plus de 25 % par rapport à la COP26 montre l’influence grandissante de l’industrie des énergies fossiles dans les négociations climatiques déjà visées par des accusations de censure de la société civile et d’influence des entreprises.

L’analyse des données de la liste provisoire des participants nommés par l’ONU par Corporate Accountability, Corporate Europe Observatory (CEO) et Global Witness (GW), révèle jusqu’à quel point les acteurs commerciaux qui ont un intérêt à ce que se poursuive l’utilisation des énergies fossiles ont pu accéder à ces discussions essentielles. Ces résultats alimentent une pression mondiale croissante pour protéger ces pourparlers contre l’interférence des pollueurs.

Des chercheurs ont fait le décompte des personnes inscrites, soit directement affiliées à des sociétés exploitant les énergies fossiles, notamment Shell, Chevron et BP, soit participant en tant que membres de délégations qui agissent pour le compte de l’industrie des énergies fossiles.

Leur analyse révèle que l’influence du pétrole et du gaz à la COP s’accroît :

  • 636 lobbyistes des énergies fossiles inscrits à la COP27, soit une augmentation de plus de 25 % par rapport à la COP26, qui s’est tenue l’année dernière à Glasgow
  • Des lobbyistes des énergies fossiles en plus grand nombre que n’importe quelle délégation nationale, exception faite des EAU qui ont inscrit 1 070 délégués contre 176 l’année dernière. Soixante-dix pour cent des membres de leur délégation cette année sont classés comme lobbyistes des énergies fossiles.
  • Bien qu’on l’ait baptisée la « COP africaine », on compte plus de lobbyistes des énergies fossiles inscrits que toute délégation nationale du continent africain.
  • Au total, 29 pays ont des lobbyistes des énergies fossiles au sein de leurs délégations nationales. Après les EAU, la Russie arrive au deuxième rang avec 33.
  • Il y a plus de lobbyistes des énergies fossiles que de représentants des dix pays les plus touchés par le changement climatique selon GermanWatch (Puerto Rico, Myanmar, Haïti, Philippines, Mozambique, Bahamas, Bangladesh, Pakistan, Thaïlande, Népal)

Cette situation survient alors que les militants de Global South, les communautés autochtones et d’autres acteurs qui supportent de manière disproportionnée le poids de la crise climatique ont été exclus de facto des discussions par des coûts élevés, des problèmes de visa et les mesures répressives prises par le pays hôte.

 

Un porte-parole des groupes a déclaré :

« Le temps nous étant compté si nous voulons éviter une catastrophe climatique, les grands forums comme la COP27 doivent absolument faire progresser des mesures concrètes pour mettre un terme aux pratiques toxiques de l’industrie des énergies fossiles qui causent plus de dégâts au climat que toute autre industrie. La présence extraordinaire des lobbyistes de cette industrie dans ces discussions est donc une mauvaise blague aux dépens des gens et de la planète. »

« Cela arrive à un moment où les gens du monde entier souffrent des tensions financières causées par les prix élevés de l’énergie et où des millions d’autres subissent les conséquences désastreuses de la crise climatique. Plutôt que de marquer le début de la véritable action climatique qui s’impose, la COP27 semble être une fête des énergies fossiles et de leurs amis polluants, soutenus par de récents profits exceptionnels. »

« Les lobbyistes du tabac ne seraient pas les bienvenus dans les conférences sur la santé, les marchands d’armes ne peuvent pas promouvoir leur commerce aux conventions de paix. Ceux qui perpétuent l’addiction mondiale aux énergies fossiles ne devraient pas avoir accès à une conférence sur le climat. Il est temps que les gouvernements sortent des poches des pollueurs, qu’ils reprennent leurs esprits et qu’ils aident à faire de la COP27 le succès dont le monde a besoin. »

La présence de lobbyistes à la COP ne se limite pas à l’industrie des énergies fossiles. D’autres secteurs polluants, profondément impliqués dans la crise climatique, comme la finance, l’agroalimentaire et les transports, sont également présents, bien qu’ils ne soient pas inclus dans cette analyse particulière.

Ces nouvelles conclusions s’appuient sur les appels lancés ces dernières années pour protéger l’intégrité des négociations climatiques de l’ONU en établissant des politiques claires en matière de conflits d’intérêts. Ces dernières années, les pays représentant collectivement près de 70 % de la population mondiale ont demandé que ces conflits d’intérêts soient abordés.

 

Phillip Jakpor, Corporate Accountability and public participation Africa, a déclaré :

« Il y a eu beaucoup de discours de pure forme en faveur de cette prétendue COP africaine, mais comment allez-vous faire face à l’impact climatique catastrophique sur le continent, lorsque la délégation des énergies fossiles est plus importante que celle de n’importe quel pays africain ? Plus de 450 organisations à travers le monde appellent les gouvernements mondiaux à faire ce qu’ils auraient dû faire dès le premier jour. Il est temps d’expulser les gros pollueurs ! Plus besoin de rédiger les règles ou de financer les négociations sur le climat. »

Une large coalition, y compris ceux qui ont mené cette analyse, exige de la CCNUCC et des États qu’ils expulsent enfin des négociations climatiques les gros pollueurs, et exige un cadre de responsabilisation qui exclut clairement les organisations qui ont des intérêts financiers ou directs dans la production ou l’utilisation de énergies fossiles.

C’est la deuxième année consécutive que les organisations ont effectué cette analyse. L’année dernière, elle avait montré que 503 lobbyistes des énergies fossiles étaient inscrits à Glasgow. 

 

***FIN***

 

Remarques :

  • Pour de plus amples informations sur la méthodologie, merci de contacter dkavakeb@globalwitness.org
  • D’autres citations de militants climatiques mondiaux à propos de cette recherche sont disponibles ici:

Contacts :

Global Witness – dkavakeb@globalwitness.org/ +447 545 965 302

Corporate Europe Observatory – lucy@corporateeurope.org / +44 7908 481895

Corporate Accountability – media@corporateaccountability.org/ +1 617 784 4753